En attendant mai - La mort de l'angélisme

En attendant mai - La mort de l'angélisme

Nouvelle loi relative à la sécurité publique, état d'urgence, immigration... Jason Wiels, journaliste à LCP, revient sur ce que l'on peut maintenant appeler la gauche sécuritaire.

On connaissait la « droite kärcher », et ses variantes « sécuritaire » ou « décomplexée ». Force est de constater que le quinquennat Hollande a fait naître le pendant à gauche. La main du Prince a certes été forcée par la vague d’attentats qui a frappé le pays. Reste qu’on peut désormais aussi parler de gauche sécuritaire, à tout le moins de la mort d’un certain angélisme.

La présentation en conseil des ministres ce 21 décembre du projet de loi relatif à la sécurité publique confirme un peu plus ce constat. Assouplissement de l’usage des armes à feu des policiers, doublement des peines pour outrage à agent, contrôle renforcé des personnes soupçonnée de porter atteinte à la sécurité publique, armement dans certaines conditions des agents privés de sécurité…

En bref, plusieurs mesures réclamées par les policiers eux-mêmes, qui ont en sus obtenu de nombreux moyens supplémentaires.

Mais cette loi n’est que l’une des dernières répliques du séisme terroriste.

En juillet 2017, l’état d’urgence sera en place depuis 20 mois – un record – et personne ne peut dire s’il sera levé. Quatre lois antiterroristes et une loi sur le renseignement ont été votées en cinq ans, plus que sous Nicolas Sarkozy.

Sur le volet carcéral, malgré le vote de la réforme pénale et le développement des alternatives à la prison voulue par Christiane Taubira – et que goûte peu son successeur, Jean-Jacques Urvoas –, il n’y a jamais eu autant de détenus en France.

Enfin, en matière d’immigration illégale, le nombre d’ « éloignements forcés » (en clair, d’expulsions du territoire) a dépassé les 15 000 en 2014, 2015 et 2016. En 2011, ce chiffre était de 12 500. Là encore, la gauche fait « mieux » que la droite.

La loi relative à la sécurité publique devrait être l’une des dernières, si ce n’est la dernière loi votée par les députés en février, soit le dernier mois de session de la XIVe législature.

Tout un symbole.

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