Portrait - Pierre-Yves Cadalen, l’insoumis

Portrait - Pierre-Yves Cadalen, l’insoumis

Pierre-Yves Cadalen (promo 15) est un vrai passionné de politique. Lancez-le sur le sujet, il ne s’arrêtera plus, vous parlera de ses idées pour changer le monde, critiquera le FN, Les Républicains ou encore le PS. Le tout ponctué de références philosophiques, de Chantal Mouffe à Karl Marx, en passant par Karl Polanyi. Il martèlera aussi que « le pays a besoin d’un horizon ». La phrase revient presque comme un mantra dans la bouche du jeune homme de 24 ans, doctorant au Centre de recherches internationales de Sciences Po. Il est convaincu que l’absence de nouveau projet de société porté par les partis de gouvernement contribue « au sentiment de délitement et de vulnérabilité » ressenti par les Français. À l’inverse, le mouvement mené par Jean-Luc Mélenchon, La France insoumise, lui apparaît comme une véritable alternative qui propose « une refonte du système politique avec le passage à une VIe République » et un changement du modèle socio-économique.

Pierre-Yves tient à préciser que les propositions portées par Jean-Luc Mélenchon ont été construites en prenant en compte 5 000 contributions citoyennes. En pleine rédaction d’une thèse sur la gouvernance publique et les enjeux écologiques en Équateur et en Bolivie, il a lui-même été l’un des rapporteurs du chapitre écologie du programme. Pour lui, c’est une évidence, la réindustrialisation du pays doit être articulée autour du développement d’une économie verte. « L’écologie ce n’est pas un truc de bobo, au contraire ça peut créer des emplois de long termes », affirme-t-il, en citant comme mesures phares la transition vers l’agriculture biologique ainsi que la sortie du nucléaire et des énergies carbonées. Parmi les autres réformes portées par La France insoumise, Pierre-Yves met en exergue le droit de révoquer les élus, « une manière de remettre le citoyen au centre du jeu politique » ou encore l’instauration du salaire maximum, fixé à 300 000 euros par an (tous types de revenus confondus).

Aujourd’hui fervent défenseur de ce programme, Pierre-Yves n’a pas toujours milité au côté de Jean-Luc Mélenchon. En entrant à Sciences Po, il a d’abord rejoint la section PS de l’école. « J’en ai été dégoûté très vite et je ne suis pas surpris du déroulement du quinquennat (de François Hollande, ndlr), parce qu’au PS ils n’ont plus aucune idée ! » Échaudé, Pierre-Yves met deux ans à s’engager à nouveau dans un parti politique. C’est au retour de sa troisième année, passée au Chili, qu’il intègre le Parti de gauche, en 2013. Contrairement au sentiment d’immobilisme ressenti au PS, Pierre-Yves apprécie la riche production intellectuelle du PG. Puis, quand Jean-Luc Mélenchon quitte la coprésidence du parti en 2014 pour créer un nouveau mouvement, il le suit. En parallèle, il s’investit au sein du « Mouvement pour la VIe République », dont il devient porte-parole en 2015, qui a pour objectif de populariser l’idée d’une nouvelle république et d’en poser les bases. La structure est indépendante du mouvement La France insoumise, même si un certain nombre de propositions se rejoignent. La preuve, l’un des trois grands axes de la campagne de Jean-Luc Mélenchon est la convocation d’une constituante pour une VIe République. Mais qu’il soit élu ou non en 2017, Pierre-Yves promet de continuer son combat : « Je ne me bats pas pour Jean-Luc Mélenchon, je me bats pour le peuple. »

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