L'inflitré - Quand c'est fini, tout recommence

L'inflitré - Quand c'est fini, tout recommence

L'infiltré estime que la séquence politique actuelle semble ne jamais finir, telle une série à tiroirs avec de nouveaux rebondissements à chaque épisode. Désormais ce sont les législatives qui occupent tout l'espace, quasiment transformées en un référendum pour ou contre Emmanuel Macron... 

Vous n'en avez pas marre de la politique ? Vous ne voudriez pas décrocher un peu ? Faire autre chose ? Lire ? Aller au ciné ou au théâtre ? Prendre un café au soleil ? Jouer avec les enfants ? Profitez des beaux jours ? 

Et laisser le nouveau Président s'installer, le laisser prendre ses marques, lui accorder au moins un délai de grâce, si ce n'est un état de grâce. Donner sa chance au produit, comme aurait dit Patrick Abitbol dans La Vérité si je mens.

Au lieu de quoi, une nouvelle campagne commence : pour ou contre la majorité présidentielle ? Pour ou contre La République en marche ? Autrement dit, pour ou contre Emmanuel Macron ? 

Après les primaires, après la présidentielle, voici donc les législatives qui s'avancent. 577 circonscriptions comme autant de mini-présidentielles à venir.

Depuis un an, c’est comme si plus rien d'autre n'existait. L'économie ? On n'en parle plus. La culture ? Les réussites scientifiques ? Les faits divers ? Oubliés, relégués, méprisés. Thomas Pesquet peut bien continuer à tourner dans l'atmosphère, il le fait désormais dans l'indifférence générale. 

Nous, nous suivons les épisodes qui s'enchaînent, le regard fixé sur nos écrans, comme une série qui n'en finirait jamais.

C'est d'ailleurs l'impression que fit à beaucoup le visionnage du documentaire diffusé lundi soir sur TF1 : le premier épisode de la première saison d'une nouvelle série, entre Les Experts et Le Bureau des légendes.

Le matin même à l'Arc de triomphe, François Hollande, le héros de la série précédente, plus proche du Gaston Lagaffe de notre enfance que du Franck Underwood de House of cards, avait pris soin d'apprendre à Emmanuel Macron comment ranimer la flamme du soldat inconnu, comme s'il n'allait pas y arriver tout seul. 

Le mercredi, au Sénat, le président sortant continuait sa séance d’initiation par un discours truffé d’allusions et de recommandations à destination du nouveau président élu. Heureusement pour Emmanuel Macron, obligé d’assister muet et déférent à ces séances de coaching, que la transition ne dure pas pendant trois mois comme aux Etats-Unis…

Mais, dès mardi, la politique, la vraie, avait repris ses droits avec la demande d'investiture de Manuel Valls à La République en marche. Le temps presse pour l’ancien Premier ministre et il lui faut sauver sa peau au plus vite...

L’arbitrage rendu sur son cas ne finit pas de surprendre et, pour tout dire d’inquiéter, les macronistes de la première heure. Ni investiture contre Manuel Valls, ni investiture en sa faveur, le jugement de Salomon prononcé à cette occasion a tout de l’arbitrage hollandais. C’est comme si l’ancien président avait, en quelques jours, commencé à déteindre sur le nouveau.

Les mauvaises langues de l’Assemblée sortante, jamais avares d’un bon mot, ont même trouvé la formule : « Valls c’est un peu la Leonarda de Macron, s’il veut rester, il peut le faire mais sans sa famille… ». En tout cas, si Manuel Valls est élu, le ver est dans le fruit.

Nul doute qu’il aura à cœur de rejouer à Emmanuel Macron la pièce dont il a été un des acteurs principaux dans les dernières années. Avec ses amis qui ont déjà pris l’habitude de se réunir tous les mardis à l’Assemblée nationale, le nouveau Président peut se préparer à une nouvelle Fronde à fronts renversés…

Une autre désignation pourrait mettre la puce à l’oreille de ceux qui cherchent à savoir comment, et avec qui, le nouveau Président va gouverner : Gaspard Gantzer a obtenu l’investiture dans la 2ème circonscription d’Ille-et-Vilaine.

Les deux hommes se connaissent bien : non seulement ils ont servi le même Président (Hollande, toujours Hollande… tel le sparadrap du Capitaine Haddock) mais ils sont issus de la même promotion de l’ENA.

Quand on vous dit que quand c’est fini tout recommence… Il m’est avis que, dans la République macroniste et jupitérienne qui s’annonce, «Leopold Sedar Senghor» pourrait remplacer «Voltaire». Et plus vite que ça…

 

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