La sélection d'Émile : les livres politiques du mois de juin

La sélection d'Émile : les livres politiques du mois de juin

Comme chaque mois, la rédaction d'Émile vous propose une sélection de livres, qui abordent des questions politiques sous différents angles. En juin, nous vous présentons une étude passionnante et inédite sur la gouvernance des communes de France : Villes de gauche, Villes de droite, une enquête historique sur les conséquences surprenantes de l'emprisonnement de Napoléon Ier : Les Faux Napoléon de Nathalie Pigault et une analyse de la résurgence du terme « fascisme » dans les débats politiques contemporains, par Marie-Anne Matard-Bonucci.

Villes de gauche, Villes de droite

   Villes de gauche, Villes de droite  de  Martial Foucault , Richard Nadeau, Bruno Jérôme et Véronique Jérôme-Speziari

Villes de gauche, Villes de droite de Martial Foucault, Richard Nadeau, Bruno Jérôme et Véronique Jérôme-Speziari

La couleur politique d’une ville est-elle représentative des politiques qui y sont menées ? Paye-t-on, par exemple, moins d’impôts dans les villes de droite ? Sont-elles moins endettées ? Trouve-t-on plus de logements sociaux dans les villes de gauche ? Moins de policiers municipaux ? Ces données suffisent-elles à expliquer les choix des électeurs ? Autant de questions auxquelles ont tenté de répondre Martial Foucault, professeur à Sciences Po et directeur du Centre d’études politiques (CEVIPOF/Sciences Po) ; Richard Nadeau, professeur au département de science politique à l’Université de Montréal ; Bruno Jérôme, maître de conférences en sciences économiques à l’Université Panthéon-Assas et Véronique Jérôme-Speziari, maître de conférences à l’Université de Paris-Saclay.

Au travers d’une étude inédite basée sur les 236 communes les plus peuplées de France et remontant jusqu’aux municipales de 1983, les auteurs proposent une analyse de la situation des villes françaises. Qualité de gestion municipale, sociologie de l’électorat, niveau de chômage, logement, concurrence politique, popularité de l’exécutif sont décortiqués, afin de révéler les différences parfois surprenantes entre la gauche et la droite et comprendre les succès et défaites des différents candidats.

Villes de gauche, Villes de droite, Martial Foucault, Richard Nadeau, Bruno Jérôme, Véronique Jérôme-Speziari, Presses de Sciences Po, 260 pages, 23 euros

Les Faux Napoléon 

  Les Faux Napoléon , Nathalie Pigault

Les Faux Napoléon, Nathalie Pigault

Déporté et emprisonné par les Britanniques sur l’île de Sainte-Hélène à l’été 1815, Napoléon Ier ne reviendra jamais en France et mourra sur place en 1821. Dans les campagnes françaises, un phénomène curieux commence à se répandre : des rumeurs courent, certains prétendent l’avoir vu, d’autres, des mystificateurs, en mal d’argent ou de reconnaissance, parcourent le pays en se faisant passer pour l’Empereur déchu.

Loin d’être anecdotiques, ce type d’usurpation a été noté à plusieurs reprises dans l’histoire. Par ce récit et par l’analyse de ces usurpations d’identité, à l’image du climat politique et social de l’époque, l’historienne Nathalie Pigault nous révèle les préoccupations, les attentes, et les craintes des populations de l’époque. Pour elle, ces faux Napoléon sont les reflets de la représentation de l’Empereur dans l’imaginaire collectif, et témoignent du souvenir qu’il a laissé dans l’esprit des Français à l’heure de la Restauration et du retour du pouvoir royal.

Les Faux Napoléon, Nathalie Pigault (promo 04), CNRS Éditions, 212 pages, 15 euros

Totalitarisme fasciste

Totalitarisme fasciste.PNG

À l’heure où les démocraties européennes sont fragilisées par le populisme et la violence terroriste, cet ouvrage interroge la résurgence du terme « fascisme » dans les débats politiques contemporains, en le plaçant dans son contexte d’origine : l’Italie du début du XXe siècle. Marie-Anne Matard-Bonucci rappelle, que dans un contexte marqué par un usage intempestif de la notion de fascisme, le retour à une approche historique s’impose.

Historienne spécialiste de l’Italie, elle remet ainsi la « culture de la violence » et le racisme au cœur de l’idéologie fasciste. Si le bilan du régime mussolinien fut bien moins sanguinaire que celui des régimes nazis et stalinistes, le fascisme, nous rappelle-t-elle, « ne fut pas la variante ensoleillée du national-socialisme, mais un régime d’oppression et de terreur fondé sur la violence ». L’auteure mobilise de nombreuses études de cas et des exemples précis et originaux, afin de mettre en exergue la cohérence des différentes politiques du projet totalitaire fasciste : celui de créer un « homme nouveau ».

Totalitarisme fasciste, Marie-Anne Matard-Bonucci (promo 84), CNRS Éditions, 320 pages, 25 euros



Analyse - "L'Italie entre réellement dans une nouvelle ère"

Analyse - "L'Italie entre réellement dans une nouvelle ère"

Assiste-t-on à une radicalisation politique et religieuse des lycéens français ?

Assiste-t-on à une radicalisation politique et religieuse des lycéens français ?