Émile Magazine

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Au Jeu de Paume, "mettre l’émotion et le plaisir au cœur de la connaissance"

Diplômé de Sciences Po en 1988, Quentin Bajac s’est par la suite dirigé vers l’Institut national du patrimoine pour devenir conservateur. Passé par le Musée d’Orsay, le Centre Pompidou puis le MoMA, il a pris la tête du Jeu de Paume en 2019, centre d'art et lieu d'exposition dédié à la photographie et à l'image vidéo.

Quentin Bajac (D.R.)

Quel est le positionnement culturel du Jeu de Paume ?

Le Jeu de Paume est un centre d’art, spécialisé autour des formes les plus contemporaines de l’image, la photographie, les films et les nouveaux médias. C’est un lieu sans collection permanente avec une programmation culturelle très variée. Son architecture, minimaliste et contemporaine, tant à l’intérieur que dans son bâtiment du XIXe siècle, reflète parfaitement sa programmation à la fois historique et très actuelle.

Comment le Jeu de Paume contribue-t-il au rayonnement de la culture à Paris et en France ?

Nous produisons ou accueillons des expositions et des événements insérés dans un circuit national et international. Plus de la moitié des expositions présentes chaque année sont produites par nos équipes. Nous soutenons également la production d’une nouvelle œuvre pour chaque artiste contemporain qui expose au Jeu de Paume. Outre le site parisien, nous entretenons des partenariats avec les villes de Tours et Reims. La plupart de nos expositions connaissent d’autres itinérances en France et à l’étranger, ce qui nous permet d’étendre notre rayonnement à l’international.

Quel bilan tirez-vous, après plusieurs années passées à la tête du musée ?

Je vois une évolution du public : plus jeune, international et volatil, cherchant à vivre une expérience. L’offre culturelle en région a été enrichie et des initiatives digitales permettant au public non parisien de suivre nos activités ont été mises en place. Nous avons également créé des activités pour les enfants dès 3 ans, qui grandissent dans un monde où l’image est prédominante.

Quels axes et décisions stratégiques avez-vous pris ?

Nous avons œuvré pour renforcer notre engagement pour l’environnement et développer des solutions plus eco friendly. Pour varier les formats, organiser davantage d’expositions de groupe et donner, par l’instauration d’un festival, plus de visibilité et de soutien financier à la création. Nous souhaitons également poursuivre la politique de parité menée depuis une décennie, renforcer notre offre culturelle et notre positionnement en région, ainsi qu’insérer pleinement la programmation dans notre offre générale. Enfin, il est important de repenser notre présence en ligne.

Quelle est votre ambition pour le Jeu de Paume ?

Le public parisien et francilien ne se rend pas toujours compte du caractère phénoménal de l’offre culturelle à Paris. Dans ce tableau compétitif, la tentation serait de cerner un créneau et de s’y tenir, en fidélisant un public qui sait ce qu’il va voir. Mon ambition est d’arriver à fidéliser le public tout en pratiquant une offre très diverse, passant du très contemporain à l’historique, du très connu à la découverte, en variant les formats d’exposition et les genres abordés. Je souhaite que le public revienne par confiance avec la conviction de vivre une expérience enrichissante. Mettre l’émotion et le plaisir au cœur de la connaissance me paraît primordial.

En quoi l’offre de mécénat est-elle déterminante ?

Les marques et les artistes qui nous accompagnent aujourd’hui se retrouvent dans notre ADN entre modernité et classicisme, une création contemporaine dans un lieu chargé d’histoire. Soutenir nos projets, c’est nouer un lien privilégié avec une institution à taille humaine qui bénéficie d’une image prestigieuse, et rejoindre une communauté d’amateurs de l’image.


 Les chiffres clés du Jeu de Paume :

  • 216 570 visiteurs annuels

  • Plus de 20 000 participants aux activités éducatives

  • 705 contenus éditoriaux produits par an (articles, podcasts, vidéos)

  • 1 150 artistes présentés depuis 2004

  • Plus de 230 ouvrages parus