Les Sciences Po nommés au gouvernement

Les Sciences Po nommés au gouvernement

Le nouveau gouvernement a été annoncé ce mercredi 17 mai. Découvrez le nom et le parcours des Sciences Po qui ont été nommés ministres ou secrétaires d'Etat.

Sylvie Goulard (promo 86), ministre des Armées 

Après une licence de droit à Marseille, Sylvie Goulard intègre Sciences Po (promo 86) puis l’ENA (promotion « Liberté, Égalité, Fraternité », 1989). Son engouement pour l’Europe débute très tôt : la jeune femme, originaire de Marseille et née de parents d’origine italienne, étudie l’allemand à l’école et effectue plusieurs voyages en Allemagne. En 1989, à sa sortie de l’ENA, elle intègre le ministère des Affaires étrangères et fait partie de l’équipe française en charge de la négociation de la réunification allemande. Elle est par la suite chargée des questions européennes en relation avec le service homologue allemand.

En 1999, Sylvie Goulard est approchée par Jean François Bayart, alors directeur du CERI, et elle rejoint ses rangs. Puis elle intègre, en 2001, l’équipe de conseillers politiques de Romano Prodi, président de la Commission européenne. En 2006, elle est élue présidente du Mouvement européen-France, succédant ainsi à Pierre Moscovici.

L’Europe toujours en ligne de mire, Sylvie Goulard se présente aux élections de 2009 et est élue députée européenne dans la circonscription Ouest de la France sur la liste du MoDem. Son attachement aux problématiques économiques et monétaires, mais également aux questions de l’agriculture et du développement rural s’exprime durant sa législature de 2009-2014. En 2010, elle devient rapporteuse du Parlement européen et développe l’idée d’euro-obligations et de sanctions contre les pays violant les obligations européennes. Toujours dans la défense du dialogue économique, elle prône l’échange entre les gouvernements pour renforcer la position européenne sur la question.

Longtemps adhérente au MoDem, Sylvie Goulard rejoint le mouvement En Marche ! pendant la campagne présidentielle de 2017 et organise notamment la rencontre entre Angela Merkel et Emmanuel Macron le 16 mars dernier à Berlin. 

Bruno Le Maire (promo 93), ministre de l'Économie 

Né en 1969 à Neuilly-sur-Seine, Bruno Le Maire est un élève modèle. Après avoir intégré l’École Normale Supérieure en 1989, il est reçu premier à l’agrégation de lettres modernes trois ans plus tard. En 1995, il intègre Sciences Po et est reçu dans la foulée à l’ENA (Promotion Valmy, 1996). 

A sa sortie de l’ENA, il entre au ministère des Affaires étrangères. Il fait ses premières armes dans l’ombre de Dominique de Villepin, qu’il suit jusqu’en 2006, devenant directeur de cabinet du Premier Ministre. 

A son tour, celui qui se définit lui-même comme un « technocrate » et qui est qualifié de « brillant » par ses pairs, décide de se lancer en politique. Il est élu député UMP en 2007 dans l’Eure, puis devient Secrétaire d’Etat aux Affaires européennes en 2008 et Ministre de l’Agriculture en 2009. 

Mais si Bruno Le Maire a fait de la politique sa vocation, certains, jusque dans son propre camp, luireprochent son manque de charisme. Candidat à la présidence de l’UMP en 2012 et en 2014, il échoue par deux fois ; candidat à la primaire des Républicains de 2016, il se classe cinquième avec 2,4% des voix. 

Après ce revers cinglant, il rejoint l’équipe de campagne de François Fillon, qu’il quitte quand éclate le « Penelope Gate ». Au soir de l’élection d’Emmanuel Macron, il se démarque comme étant la première personnalité importante de droite à lui proposer ses services.

Jean-Michel Blanquer (promo 89), ministre de l'Éducation nationale

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Jean-Michel Blanquer intègre Sciences Po (promo 89) après une maîtrise en philosophie à l’université Paris 1.

Lauréat d’une bourse du quai d’Orsay, il part ensuite étudier à Harvard en 1991. En 1993, il devient docteur en droit à la suite de la rédaction d’une thèse sur les méthodes du juge constitutionnel, puis il devient professeur agrégé de droit public.

Après avoir enseigné dans divers établissements, il devient professeur de droit constitutionnel et de droit communautaire à Sciences Po. En 2004, il est nommé recteur de Guyane, puis devient directeur adjoint du cabinet du ministre de l’Éducation nationale.

En 2007, il quitte ce poste pour redevenir recteur, à la tête de l’académie de Créteil. Pendant son mandat, il expérimente plusieurs dispositifs innovants dont les conventions d’éducation prioritaires avec Sciences Po.

En 2009, il est nommé directeur général de l’enseignement scolaire au ministère de l’Éducation nationale. Il prendra ensuite la direction de l’ESSEC business school en 2013 où il restera quatre ans.

Le 17 mai 2017, il interrompt son mandat à la tête de l'ESSEC pour participer au gouvernement d’Edouard Philippe, en tant que ministre de l'Éducation nationale.

Mounir Mahjoubi (promo 09), secrétaire d'État chargé du numérique

Nouveau visage sur le devant de la scène politique, Mounir Mahjoubi est nommé secrétaire d’État chargé du Numérique. Il devra accompagner les services de l’Etat dans leur processus de numérisation, aider au développement de l’économie numérique, et mener les petites et moyennes entreprises vers la digitalisation.

Né dans un milieu modeste de parents marocains installés en France dans les années 70, Mounir Mahjoubi se démarque par l’originalité de son parcours. Il débute en effet ses études par un CAP cuisine, avant d’entreprendre des études de droit à la Sorbonne où il obtiendra sa maîtrise et enfin, un master de Finance à Sciences Po. Dès sa sortie, il se lance dans le monde des start-ups et en co-fonde plusieurs avant de lancer une agence digitale, Mounir & Simon. Il devient par la suite directeur adjoint de BETC Digital, spécialisé dans la transformation numérique des entreprises.

L’engagement politique de Mounir Mahjoubi est fortement teinté aux couleurs du PS : il est adhérent au parti, s’est chargé de la stratégie numérique de Ségolène Royal en 2006 et a fait de même pour François Hollande en 2012. Le chef d'État socialiste l'a nommé en 2016 Président du Conseil National du Numérique. Il quitte ce poste en janvier 2017 pour rejoindre En Marche!, en tant que directeur de la campagne numérique. 

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Portrait - Edouard Philippe, un Sciences Po à Matignon

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