Primaire à gauche - François Hollande, l'absent si présent ?

Primaire à gauche - François Hollande, l'absent si présent ?

Flore Santisteban, Secrétaire générale de la Haute autorité des primaires citoyennes, a accepté de nous laisser entrevoir les coulisses de l’organisation de ce scrutin en partageant son journal de bord. Dans ce quatrième épisode, elle explique pourquoi les modalités de cette élection étaient, en réalité, faites sur-mesure pour François Hollande... 

Cette élection primaire est inédite dans l’histoire de notre vie politique. Elle a été pensée pour un compétiteur absent dont la présence irrigue son organisation de part en part. La primaire se voulait une rampe de lancement de la candidature de François Hollande, un exercice de légitimation en même temps que de reconquête de son électorat. De son élaboration jusqu’au second tour de l’élection en passant par les débats, le chef de l’Etat aura été la main invisible de ce scrutin.

L’action de tous dirigée vers la victoire d’un seul ?

A l’image de la distinction traditionnelle qui existe dans les congrès du Parti socialiste, cette élection devait être un scrutin de ratification plus que de désignation. Dès le mois de janvier 2016, le calendrier politique avait été taillé sur mesure pour permettre à François Hollande de concourir et d’être investi.

Un dépôt de candidature tardif au mois de décembre devait lui permettre de connaître son adversaire de droite en même temps que lui donner un temps de réflexion supplémentaire.

L’organisation des débats au mois de janvier était pensée pour lui permettre d’occuper l’espace médiatique à la faveur d’émissions très rapprochées ; entrecoupées par les cérémonies des vœux. 

L’association des formations politiques était destinée à créer une dynamique et à donner le sentiment d’un rassemblement d’une partie de la gauche autour de sa candidature.

Mais voilà, rien ne s’est passé comme prévu et les candidats en lice doivent désormais composer les uns avec les autres dans un cadre contraint dont ils ne peuvent s’abstraire.

Défense ou rupture ?

Nous assistons à une campagne éclair de 40 jours qui laisse planer à chacune de ses étapes, l’ombre du chef de l’Etat. Hier, le premier débat en a été une nouvelle illustration. Le clivage des deux gauches était perceptible dès les premières minutes. A l’heure de qualifier le bilan, les candidats ont majoritairement fait le choix de la rupture.

Seuls Manuel Valls et Sylvia Pinel ont salué le quinquennat de François Hollande soulignant le sentiment de « fierté » ou de « responsabilité » qu’ils ressentaient à l’évocation de son action. Pour les autres, ce quinquennat a été tantôt qualifié de « difficile à défendre » pour Arnaud Montebourg, de « contrasté » pour François de Rugy et Jean-Luc Bennahmias, d’« inachevé » ou d’« incompris » pour Benoit Hamon et Vincent Peillon.  

Dimanche prochain lors du second débat, les candidats socialistes tenteront de faire oublier la présence de ce père si présent qui leur a tout donné : les responsabilités, l’expérience du pouvoir et pour certains la stature présidentielle.

Les prochaines étapes :

-          Dimanche 15 janvier 2017 : Second débat de la primaire organisé par ITÉLÉ , BFM TV et RMC

-          Mardi 17 janvier 2017 : Réunion du comité national d’organisation de la primaire (CNOP)

-          Jeudi 19 janvier 2017 : Troisième débat de la primaire organisé par France 2 et Europe 1

-          Dimanche 22 janvier 2017 : Premier tour de l’élection primaire

-          Jeudi 25 janvier 2017 : Débat d’entre deux tours organisé par TF1, France 2 et France Inter

-          Dimanche 29 janvier 2017 : Second tour de l’élection primaire

Le billet de Pascal Perrineau - Un premier débat aux allures de "tour de chauffe"

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