Jean-Marie Rouart : "Emmanuel Macron est un homme qui a accompli son destin avec beaucoup d’habileté"

Jean-Marie Rouart : "Emmanuel Macron est un homme qui a accompli son destin avec beaucoup d’habileté"

Passionné par la vie politique, Jean-Marie Rouart a publié en juin 2017 Le Psychodrame français, chroniques passionnantes des quinquennats de Nicolas Sarkozy et de François Hollande. Les toutes dernières pages de cet ouvrage sont consacrées à la surprenante élection d’Emmanuel Macron. Pour Émile, l’écrivain et académicien revient sur le parcours de ce personnage, qu’il juge si romanesque. À ses yeux, Emmanuel Macron a l’étoffe d’un grand homme d’État.

Propos recueillis par Anne-Sophie Beauvais et Maïna Marjany

Votre dernier livre, Le Psychodrame Français, nous fait revivre les dix dernières années de vie politique française, avec la chronique des mandats de Nicolas Sarkozy et François Hollande. Evidemment, Emmanuel Macron n’apparait qu’à la toute fin du livre. Vous n’aviez pas imaginé ce dénouement-là ?

Jean-Marie Rouart  Photo : Manuel Braun

Jean-Marie Rouart 

Photo : Manuel Braun

Non, bien sûr, cela a été une surprise complète. Vous savez, il faut pouvoir avouer que l’on s’est trompé. Je n’imaginais pas possible, dans la rigidité du système politique de la cinquième République, qu’Emmanuel Macron réussisse, à la fois, à se présenter, à être élu et à avoir une majorité. C’est la rencontre d’un homme exceptionnel avec des circonstances exceptionnelles.

 

Vous aimez bien Nicolas Sarkozy, mais François Hollande, en revanche, concentre beaucoup de critiques dans votre livre…

C’est le personnage qui m’a le plus déçu, depuis que je suis un observateur de la vie politique. Je ne parle pas de l’homme, qui est sympathique. Il est question de politique, donc le jugement sur son action l’emporte. Le Hollande que j’ai connu avant son accession à la présidence de la République paraissait plein d’avenir et était très intelligent… Avec lui, j’ai compris à quel point ce que disait déjà Barrès était juste : « l’intelligence, quelle petite chose à la surface de nous-mêmes ! ». On peut être intelligent et commettre énormément d’erreurs, cela a été le cas de François Hollande. En ne se représentant pas, il ne les a pas assumées.

Et Emmanuel Macron, a-t-il, selon vous, les qualités d’un homme d’Etat ?

Bien sûr, Emmanuel Macron est un chef d’État d’un grand calibre. Il a seulement commis deux erreurs dans sa campagne. L’une en disant qu’il n’y a pas de culture française, et l’autre en parlant de crime contre l’humanité pour la colonisation. C’étaient des erreurs régaliennes, mais des erreurs de candidat ! Cela ne m’a pas refroidi. Et en replaçant tout ce qu’il a fait depuis son élection, je trouve qu’on est dans un grand format d’homme politique. Je trouve qu’il a une façon très pragmatique d’affronter les problèmes, notamment sur la question de l’éducation, de la remise en valeur de l’artisanat et de l’écologie.

Pouvez-vous nous aider à définir le « macronisme » ?

Jean-Marie Rouart  Photo : Manuel Braun

Jean-Marie Rouart 

Photo : Manuel Braun

Je pense qu’Emmanuel Macron a une profonde réflexion sur la société politique, et que cette réflexion l’a amené à vouloir casser des catégories artificielles entre la gauche, et la droite. Tout cela représentait un moule extrêmement pesant, qu’il a réussi à briser. C’est un homme qui évite au maximum l’idéologie, ce qui est très bien. On le voit avec l’éducation, au travers de Jean-Michel  Blanquer. Vouloir que les élèves apprennent à lire, à compter et à écrire… franchement, est-ce révolutionnaire ? Je pense que dans ce domaine, comme dans d’autres, Emmanuel Macron a des idées de bon sens. Il veut remettre l’éducation sur les rails. Elle était partie dans une sorte de spirale complètement irréaliste. Il faut que l’on comprenne qu’on ne peut pas arriver à l’université sans savoir écrire correctement. Et l’université ne doit pas sans cesse fournir des chômeurs. Il existe une distorsion profonde entre le monde de l’école, de l’université, et le monde de l’entreprise, qui devient de plus en plus sélectif. Il faut que les deux essayent de se rejoindre. Une sélection me semble nécessaire à l’entrée de l’université, parce que la sélection, hélas, existe dans tous les domaines et finit toujours par vous rattraper…

Quand on touche à cette question de la sélection à l’université, vous ne pensez pas que, justement, il persiste un vrai clivage entre la droite et la gauche ?

C’est vrai, il y a un clivage sur cette question… même s’il y a surtout aussi, aujourd’hui, dans la gauche, une forme de gauchisme. Je vous signale que l’ascenseur social a existé autrefois, et que beaucoup de personnes, grâce aux études, ont fait de très belles carrières, et encore récemment. Des personnes issues de la diversité ou même du monde paysan. La gauche considère qu’il y a une reproduction des privilèges… Ce n’est pas faux, mais je suis plutôt favorable à la promotion du maximum d’excellence, et d’essayer de donner tous les moyens de parvenir à cette excellence, plutôt que de mettre tout le monde sur le même niveau. Ce nivellement par le bas se fait au détriment, justement, des étudiants.

Dans une interview que vous avez donnée en juillet 2017 à l’Opinion, vous avez dit « ce que j’aimais dans le gaullisme, c’est la fin des clivages, le principe qu’il y avait de très bonnes choses à droite comme à gauche, pour moi c’était devenu un rêve d’intellectuel, comme avait pu l’avoir François Mauriac au temps de ses déchirements »… Emmanuel Macron n’est-il pas finalement un rêve d’intellectuel exaucé ?

Ce serait plutôt un rêve d’écrivain qu’un rêve d’intellectuel. Parce qu’au fond, un écrivain, dans un livre, aime montrer l’ambiguïté des choses et la multiplicité des points de vue. Cette idée est ancrée chez chaque Français - chaque Français intelligent et de bonne foi - qui vit difficilement le fait de devoir choisir un camp ou un autre. Personnellement, j’ai été dans des journaux plutôt de droite, que ce soit Le Quotidien de Paris ou Le Figaro, mais je me suis jamais complètement identifié à la droite. Et les combats que j’ai menés n’ont pas été des combats de droite. J’ai souffert au moment de l’affaire Omar Raddad, quand j’ai vu l’indifférence que portait la droite à ces questions de droits de l’Homme. De la même manière, sur les questions d’écologie, il ne s’agit pas de droite ou de gauche. On ne peut être qu’écologiste aujourd’hui, c’est une question de survie de la planète. Simplifier l’humain en le mettant tantôt à droite, tantôt à gauche, je crois que c’est absurde, et surtout, dangereux. L’idéologie empêche de voir les réalités. C’est une facilité de l’esprit, une brume dans le cerveau… Mais ce n’est pas facile d’en sortir, parce qu’on est conditionné.

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« Je n’imaginais pas possible, dans la rigidité du système politique de la Ve République, qu’Emmanuel Macron réussisse, à la fois, à se présenter, à être élu et à avoir une majorité. »

L’âge d’Emmanuel Macron vous a-t-il marqué dans sa façon de conquérir le pouvoir ou aujourd’hui de l’exercer ?

Bien sûr, c’est ultra romanesque ! Cela fait penser à tous les ambitieux imaginés par Balzac, Stendhal…Vous savez, je crois en la destinée. Emmanuel Macron est un homme qui a accompli son destin avec beaucoup d’habileté. Et c’est vrai qu’il a eu une très grande chance. Tout comme c’est une très grande chance d’arriver jeune au pouvoir, car rien n’est plus difficile que de gouverner la France. Notre pays est extraordinairement contradictoire. Le Président de la République, pour les Français, est quasiment Dieu, c’est quelqu’un qui va changer leur vie. Ce n’est pas un hasard si Mitterrand avait pris comme slogan « Changer la vie ». Vous vous rendez compte…« changer la vie », c’est énorme ! Et c’est parce que cela correspond au caractère des Français, qui savent très bien que la politique a une importance considérable dans leur vie quotidienne. Et étant donnée notre tradition jacobine, le président de la République incarne toutes les attentes. Les Français ont tendance à surévaluer, à surestimer, l’homme pour lequel ils ont voté. Au lendemain de l’élection, il y a un phénomène de désillusion qui est typiquement français. Et c’est dangereux. Mélenchon, d’ailleurs, exploite cette déception française.

Romanesque, Emmanuel Macron l’est aussi au regard de cette histoire d’amour incroyable…

Macron est un homme de caractère, et ce caractère, il l’a prouvé, dans des circonstances très difficiles, en ne cédant pas à la pression de la société dans sa vie privée. Il y a un côté anticonformiste chez Macron, et je trouve que c’est à son avantage. Après tout, on en a assez de ce côté où tout le monde devrait être sur le même moule.

Pour en revenir à cette question de l’âge, vous dîtes, dans votre livre, qu’Emmanuel Macron « semble oublier que l’histoire n’existe pas sans l’intervention du diable, et le diable à n’en pas douter il ne l’a jamais fréquenté ». Est-ce un problème que de ne pas avoir connu le tragique de l’histoire ?

Ce qu’il y avait de frappant dans la génération qui était autour du général de Gaulle, les compagnons de la libération, les ministres qui avaient fait la guerre, c’est à quel point ils étaient près de la tragédie de l’histoire. Ils étaient près de la mort, celle de leurs compagnons, de leurs amis. Une nouvelle génération est venue ensuite, plus énarchique, avec ces bons élèves montés en graine… et cette génération est, c’est vrai, très éloignée de cette tragédie de l’histoire. Le danger, et je ne dis pas que ce soit le cas pour Emmanuel Macron, se trouve sur le plan humain. Il y a une humanité nécessaire à la politique. La politique est un monde très dur, le rapport de force y est permanent. Mais en même temps, l’homme politique ne doit pas tomber dans le cynisme. Je crois que la vie humaine doit aussi garder un prix. Il y a un danger pour ceux qui n’ont pas connu le caractère effroyable de la guerre. Cela me hérisse quand je vois les Français applaudir lorsqu’on a bombardé un village où il y avait des djihadistes. Derrière ces bombardements, il y a des populations civiles, des femmes, des enfants, qui sont embrigadés malgré eux. Le danger de la politique, c’est de considérer les individus comme des pions que l’on peut éliminer. On regarde trop les bombardements comme des jeux vidéo.

Lors de nos entretiens, nous posons à tous cette même question : Emmanuel Macron semble dessiner un nouveau paysage idéologique en France, qu’il a exposé dans son livre Révolution, avec d’un côté, les conservateurs passéistes, ceux qui proposent aux Français de revenir à un ordre ancien, et de l’autre côté, les progressistes réformateurs qui croient que le destin de la France est d’embrasser la modernité. Que pensez-vous de ce clivage ainsi posé ?

Jean-Marie Rouart  Photo : Manuel Braun

Jean-Marie Rouart 

Photo : Manuel Braun

Je crois qu’il faut accepter qu’aujourd’hui nous sommes dans une compétition mondiale. La mondialisation a imposé, dans tous les domaines, une réévaluation, une remise en cause. La France ne peut pas y échapper. La question est de savoir comment concilier la nécessité de s’insérer dans cette mondialisation, d’y jouer un rôle, tout en gardant ses valeurs de culture, d’individu, de citoyen. Je pense qu’il y a un modèle français et un modèle européen, qui font que nous ne sommes pas uniquement une société de consommateurs. Il faut essayer de préserver cet acquis humain important. Mais je ne trouve pas qu’Emmanuel Macron soit un ennemi de l’ordre ancien. Simplement, face à l’action de Monsanto, de Google, de toutes ces grandes entreprises…. On ne peut pas rester immobiles. On ne peut qu’évoluer, c’est une nécessité. L’important, c’est d’évoluer en gardant un certain nombre de valeurs. En cela, je suis assez gaulliste, chaque pays doit garder son identité. C’est en étant eux-mêmes que les pays réussiront à conserver quelque chose d’essentiel pour le monde entier.

D’où votre petite colère sur la question de la culture française pendant la campagne de Macron…

Ce n’était pas une colère. Simplement, je n’étais pas d’accord avec lui. Je pense que la France a une mission spéciale, qui est à la fois éthique et esthétique. Et qui vient, pardon d’être pédant, de Rome et du christianisme. C’est pour cela que la France a attiré des personnes comme Ionesco ou Romain Gary. Ils sont venus en France parce que la langue française, la littérature française, représentaient pour eux quelque chose d’incomparable.  Mais le but de la France, sa mission, ce n’est pas de défendre sa propre civilisation, c’est d’essayer d’aller au-delà, de rechercher la civilisation idéale. D’où l’impossible point de rencontre avec les Américains, qui, eux, veulent imposer leur modèle. Les Français ont ce côté messianique universaliste.

Philippe Besson cite dans son livre la réaction d’Emmanuel Macron aux critiques de plusieurs intellectuels, dont Michel Onfray, Emmanuel Todd, Alain Finkielkraut ou encore Regis Debray : « Ils sont dans les vieux schémas. Ils regardent avec les yeux d'hier, le monde d'hier. (…) ça fait longtemps qu'ils n'ont pas produit quelque chose de renversant. (…) Ils sont sur leur Aventin. Ils n'aiment pas l'action politique mais vivent de son commentaire. Ils sont devenus des éditorialistes. Des esprits tristes englués dans l'invective permanente. Ce qu'ils détestent, c'est l'idée même d'une réconciliation. Je leur préfère de vrais penseurs. Jürgen Habermas, par exemple. On se situe à un autre niveau. » C’est un peu sévère, vous ne trouvez pas ?  

Je crois qu’un homme d’État ne doit ni critiquer ni se séparer de ses intellectuels. On est en France… Notre pays a des intellectuels, des écrivains, qui se mêlent plus ou moins de politique, et qui peuvent dire des choses avec lesquelles on n’est pas d’accord. Ils peuvent même dire des sottises… Il faut voir l’apologie du mensonge dont a été coupable Sartre avec le communisme. Et il n’est pas le seul. Maurras avec l’apologie de Mussolini. Est-ce que Voltaire qui faisait l’éloge de Frédéric II, est-ce que Diderot qui faisait l’apologie de la reine Catherine de Russie, n’ont-ils pas été dans l’erreur, eux-aussi ? Tout cela fait partie du tissu intellectuel français, qu’un Président doit accepter, parce que c’est la France. C’est un pays de contestation, un pays de débat. Il faut le laisser se dérouler et l’accepter. Sarkozy me l’avait dit au moment de l’affaire de La Princesse de Clèves : « J’ai eu tort de ne pas réagir sur cette polémique, parce un président de la République ne peut pas se séparer des grandes œuvres nationales. J’aurais dû intervenir, quand on a cru que je détestais La Princesse de Clèves, car un chef de l’État doit toujours rester respectueux de l’expression des intellectuels, parce qu’ils sont la France ». Maintenant, je me mets aussi à la place de ceux qui œuvrent pour un pays, je comprends aussi que sous le feu des critiques incessantes, on soit agacé et on ait besoin de se lâcher un peu… 

L’homme d’État doit-il être le plus moral d’entre nous ?

Jean-Marie Rouart  Photo : Manuel Braun

Jean-Marie Rouart 

Photo : Manuel Braun

La morale des hommes d’État, c’est une morale de sur-homme ! Cela n’a rien à voir avec la petite morale. Si on prenait la vie privée d’un Talleyrand, d’un Mazarin, ou d’un Richelieu, on trouverait moralement des choses très contestables. Mais cela n’est pas la question. Il faut éviter le sentimentalisme et l’angélisme en matière politique. Ce qu’il faut voir, c’est finalement s’ils sont un bien ou un mal pour le pays. Je crois que c’est un défaut qui nous vient encore d’outre-Atlantique, cette petite morale qui consiste à essayer de chercher des défauts dans la cuirasse d’un homme politique. Quant à la malhonnêteté, qui ne serait pas pour la condamnation des hommes politiques malhonnêtes ? C’est évident. Mais en même temps, je crois qu’il ne faut pas essayer de chercher l’honnêteté absolue, on n’élit pas l’abbé Pierre ou Mère Teresa, en politique. On essaye de trouver des gens qui sont globalement honnêtes, mais rechercher l’homme parfait me parait dangereux.

Êtes-vous un homme heureux dans la société dans laquelle nous vivons aujourd’hui ?

Mirabeau écrivait à Louis XV la lettre suivante : « Je suis jeune, Français et malheureux »… Un Français est forcément malheureux puisqu’il vit dans l’idéal. Il se sent frustré. C’est le cas aujourd’hui. La France est en train d’être avalée, à la fois dans un magma européen dont les contours ne sont pas très bien dessinés, et dans une mondialisation, qui risque de nous faire perdre nos valeurs. Je pense que le rôle d’un écrivain n’est pas d’être heureux mais d’essayer de faire aimer la vie. Nous sommes là pour essayer de montrer la force de l’esprit. Cet esprit, c’est ce qui peut relier les hommes entre eux, et ce qui peut, en même temps, les rassurer. Malheureusement, ce que l’on entend aujourd’hui, ce n’est plus vraiment la voix des écrivains, c’est la voix des footballeurs…

Vous avez vu la France changer, évoluer… regrettez-vous certaines transformations ?

Vous me demandez en fait si, à mon âge, des choses me choquent? Alors oui, mais ce n’est pas une question d’âge. Je vais vous faire une confidence : au fond de moi, j’ai toujours dix-huit ans ! C’est comme après un accident : ma montre s’est arrêtée !

Sauf que la société autour de vous, elle, a évolué…

Oui, elle a évolué. Ce que je regrette, peut-être, aujourd’hui, c’est que les choses n’ont fait qu’empirer. La marchandisation de la vie arrive au galop, par exemple, avec la PMA, et tout ce qui touche au trafic des embryons… Je trouve ça extrêmement dommageable pour l’homme. La société qu’on est en train de construire, où chaque individu doit trouver une solution à son particularisme me parait quand même aller vers une forme d’anarchie totale. Une société doit avoir des règles pour la communauté. Je regrette aussi l’affaiblissement de la langue française, qui est un chef d’œuvre en péril, et l’affaiblissement des notions spirituelles, dont tout le monde se fiche aujourd’hui. Je ne parle pas des églises, mais de la nécessaire conception spirituelle des choses qu’il faut avoir, comme dans le domaine amoureux notamment. La houllebecquisation de l’amour…c’est-à-dire que l’amour ce n’est pas seulement Meetic ou Youporn. Une élévation peut exister, des rencontres qui sont d’un ordre spirituel et pas seulement sexuel. Je reprends la phrase de Romain Gary qui disait « Moi, je n’ai pas vraiment de morale, j’ai une esthétique ». Mais malgré tout cela, je me dis que le plus grand des défauts serait de se séparer de son temps, de ne pas l’apprécier, car on ne peut pas changer d’époque….alors il faut la vivre de toute sa ferveur, en se disant qu’il y a, dans cette époque, des gens exceptionnels de nature à vous faire aimer la vie !

Jean-Marie Rouart et Anne-Sophie Beauvais  Photo : Manuel Braun

Jean-Marie Rouart et Anne-Sophie Beauvais 

Photo : Manuel Braun


Emmanuel Macron et Jean-Marie Rouart :
Comment se sont-ils rencontrés ?

« C’était chez un soutien important de sa campagne, qui avait invité des donateurs et des amis, afin que nous rencontrions Emmanuel Macron. J’y suis allé en observateur. Tout le monde posait des questions… et moi, à la fin, je lui ai demandé s’il ne craignait pas d’avoir une conception très économiste de la politique. Je voulais savoir comment il allait relier cette idée avec cette chose très importante qu’est le roman national. Il a proposé de me revoir pour parler de ces sujets, ce que nous avons fait…Puis nous nous sommes revus car il était mon voisin, rue Cler. Comme je le félicitais pour tous ses succès avant l’élection, il ne m’a pas paru présomptueux mais plutôt inquiet et m’a répondu : « j’ai peur que le système n’explose ».

C’est un homme d’idées, un homme de philosophie, enfin, je ne suis pas loin de penser que c’est un homme exceptionnel. »


Photos : Manuel Braun

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