D'un mot - Féministe

D'un mot - Féministe

Auteure francophone la plus lue en 2016, lauréate du prix Goncourt pour son roman Chanson Douce, Leïla Slimani est une étoile montante de la littérature. Nommée ce lundi 6 novembre représentante du Président de la République pour la Francophonie, elle fait son entrée dans le monde politique. Il y a un an, Leïla Slimani avait rédigé une chronique pour Émile. Elle nous parlait alors d'un mot qui lui tient à coeur : "féministe". 

Leïla Slimani (crédit : C.Hélie Gallimard)

Leïla Slimani (crédit : C.Hélie Gallimard)


Définition Féministe : 

- Adjectif, relatif au féminisme, doctrine qui prône une revalorisation du rôle des femmes dans la société

- Nom, adepte du féminisme, doctrine qui prône une revalorisation du rôle des femmes dans la société

(source : CNRTL)


Au Maghreb, le mouvement féministe, né il y a un peu plus de cinquante ans, avait tout à conquérir. Les militantes se sont battues pour que les femmes puissent accéder à l’éducation, la santé, la vie politique et au travail. Elles ont obtenu le droit de vote, le droit à la contraception et des avancées considérables dans le domaine législatif. Au Maroc, par exemple, depuis 2004 les femmes peuvent divorcer, transmettre leur nationalité à leur enfant ou refuser que leur mari prenne une seconde épouse.

Mais les féministes n’ont pas encore osé porter le combat dans le domaine du corps et des droits sexuels. Comme si s’attaquer au corps de la femme, c’était s’en prendre aux fondamentaux identitaires musulmans. Car, malgré l’évolution de la société, le corps de la femme reste contraint par le groupe. Au Maroc, une femme ne peut être que vierge ou épouse. Avant d’être un individu, la femme est une mère, une sœur, une épouse, une fille. Elle est surtout la garante de l’honneur familial et, pire encore, de l’identité nationale. Sa vertu est un enjeu public. Il reste à inventer la femme qui ne serait à personne, qui n’aurait à répondre de ses gestes qu’en tant que citoyen lambda et non en fonction de son sexe. La femme qui pourrait s’affranchir de la qa’ida, c’est-à-dire de la norme, de la coutume admise par tous. « Beaucoup des activités préférées des gens telles que se promener, découvrir le monde, chanter, danser et exprimer son opinion font partie des interdictions pour les femmes. Le bonheur d’une femme viole la qa’ida. », écrivait la sociologue marocaine Fatima Mernissi.

Photos : C.Hélie Gallimard

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