Le billet de Pascal Perrineau - La droite républicaine dans tous ses états

Le billet de Pascal Perrineau - La droite républicaine dans tous ses états

Les adhérents du parti Les Républicains sont appelés à voter pour leur nouveau président les 10 et 17 décembre. Le politologue Pascal Perrineau pose les enjeux de cette élection, dans un contexte troublé pour la droite. 

 Pascal Perrineau   Photo Manuel Braun

Pascal Perrineau

Photo Manuel Braun

Le candidat Macron a provoqué une implosion de la gauche lors de la séquence électorale d’avril-mai-juin dernier, le président Macron est en train depuis six mois de perturber profondément la droite. La nomination d’un homme issu de LR à la tête du gouvernement, les ministères économiques attribués à des hommes de la même origine politique, des réformes économiques et sociales proches de celles que la droite appelait de ses vœux depuis de nombreuses années… tout cela a engendré une dispersion et un éclatement d’une droite déjà minée, en amont, par de multiples conflits de personnes et de lignes politiques. La naissance de groupes « constructifs » à l’Assemblée nationale et au Sénat, la création le 26 novembre d’un parti - AGIR - réunissant les principaux ténors de cette droite constructive, l’adhésion directe de certains d’entre eux à LREM, la démobilisation des adhérents Les Républicains, la séduction du macronisme auprès de leurs électeurs sont autant d’éléments qui montrent le trouble de la droite à l’issue d’une élection présidentielle qui, pour la première fois sous la Vème République, l’a exclue du second tour.

C’est à tous ces défis que s’attaquent les trois candidats à l’élection interne à la présidence des Républicains. Laurent Wauquiez tente d’apporter une réponse sur le terrain identitaire : réaffirmer les valeurs d’une droite décomplexée, nier les tropismes de droite du macronisme et considérer que l’opposition ne peut être que totale. Ses challengers, Florence Portelli et Maël de Calan, ont l’avantage d’incarner un renouvellement générationnel et s’efforcent de porter pour la première les préoccupations d’une droite renouant avec sa base populaire et d’un parti libéré des « réseaux », pour le second les couleurs d’une droite européenne et libérale. Les 234 908 adhérents sont appelés à trancher les 10 et 17 décembre. Combien répondront à l’appel des urnes ? Quelle sera l’ampleur du « dégagisme » au sein des militants républicains ? Par où le parti choisira-t-il de tenter de revenir au cœur du système politique : à la droite de la droite, à droite dans la tradition d’un certain gaullisme social ou au centre-droit ?

 

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