Hommage  - Johnny et Maryvonne

Lorsque l’on me demandait où j’habitais, je m’amusais toujours à dire que Johnny Hallyday était mon voisin.

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Depuis jeudi, le nom de cette petite commune de Marnes-la-Coquette résonne partout dans les médias. C’est un îlot caché dans les Hauts-de-Seine, un peu à l’abri de tout, et surtout du temps qui passe. Rien ne parait avoir bougé, dans ce si bien nommé village, pourtant proche de Paris et de son effervescence.

Mais voilà que la mort de Johnny vient justement nous rappeler que le temps passe, et que l’idole des jeunes a vieilli. 74 ans, c’est encore trop jeune pour mourir. Mais c’est déjà l’âge d’une longue et belle carrière, qui fait que plusieurs générations de Français ont au moins une chanson, un standard de Johnny gravé dans leur mémoire et dans leur cœur.

Johnny vient de mourir. Et Maryvonne ferme, au même moment, son restaurant, Les Hirondelles. Une institution dans ce petit village de Marnes-la-Coquette. Maryvonne a 16 ans quand elle commence à y travailler comme serveuse. Johnny, la même année, commence, lui, à enflammer les salles. C’était une époque où « on pouvait gagner sa vie en travaillant », comme dit Maryvonne. Notre serveuse parvient donc à racheter le fond de commerce du restaurant, puis les murs de la maison qui l’abrite. Elle devient la « patronne », et surtout une figure que l’on pensait intemporelle de ce petit village…

Mais voilà, le temps passe, et emporte avec lui ce qui paraissait justement intemporel. Les idoles s’en vont, et les « maisons » ferment. Je ne suis pas sûre, malheureusement, que les légendes de la musique aient le cuir si solide que ça. De mon bureau, à Sciences Po, j’observe les plus jeunes qui ne semblent plus vraiment connaître Johnny, sinon de très loin. C’est la vie…

Nous sommes tristes. La voix de Johnny s’est tue, et Maryvonne a fermé la porte des Hirondelles, pour toujours. 

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