Jean-Baptiste Wautier : "Il faut rétablir une véritable méritocratie républicaine"
Jean-Baptiste Wautier, diplômé de Sciences Po en 1993, est le parrain de la promotion CEP 2023. S’il est issu d’un milieu modeste, son parcours remarquable dans le domaine de la finance est une source d’inspiration pour les étudiants auprès de qui il a décidé de partager son expérience.
Propos recueillis par Amel-Amélie Karam
Pourquoi avez-vous choisi de vous engager auprès du programme Conventions éducation prioritaire (CEP) ?
Soutenir le programme d’égalité des chances de Sciences Po m’est apparu comme une évidence. Ma conviction est qu’il faut tout faire pour rétablir, au sein de notre société, une véritable méritocratie républicaine. Nous connaissons tous l’importance de l’éducation initiale dans une vie, et le programme CEP est à ce titre un outil essentiel qu’il faut encourager. Il y a aussi une dimension personnelle dans ma démarche, étant moi-même issu d’un lycée dit « défavorisé » et ayant été exposé, lorsque j’étais ensuite rue Saint-Guillaume, aux problématiques spécifiques des étudiants du programme CEP.
Outre le soutien financier, les étudiants ont la chance d’interagir avec vous. En quoi cette interaction est-elle importante pour vous ?
Quand nous avons évoqué mon futur parrainage avec les équipes de Sciences Po, nous sommes arrivés à la conclusion que les étudiants avaient non seulement besoin de soutien financier, mais aussi d’un véritable mentor avec lequel ils puissent évoquer leurs doutes ou leurs difficultés. Syndrome de l’imposteur, pression familiale, gestion de son parcours universitaire et professionnel sont quelques exemples de thèmes sur lesquels les étudiants ont besoin d’espaces d’échange avec des interlocuteurs expérimentés et bienveillants. Cette interaction s’est révélée essentielle pour nombre d’entre eux, et doit faire partie de ce que notre maison leur apporte dans le cadre de nos programmes d’égalité des chances.
Quel est votre retour d’expérience sur les échanges avec les étudiants issus des CEP ?
Il en faut davantage ! Ces moments d’échanges en petits groupes – 8 à 10 étudiants par atelier – ont révélé des situations difficiles sur le plan des études, du bien-être, de l’environnement familial et j’en passe. Mais le fait d’en parler apaise, et permet soit de trouver des solutions, des perspectives ou des réponses, soit d’orienter vers d’autres interlocuteurs au sein de Sciences Po. Le retour unanime des étudiants est que cela les a aidés à s’orienter, à croire en eux et à mieux s’intégrer. Leur scolarité n’en est que meilleure, tout comme leur bien-être. La condition essentielle pour que ces échanges soient fructueux et constructifs est évidemment une écoute bienveillante, mais aussi la nécessité pour le mentor ou parrain d’incarner une forme de légitimité aux yeux des étudiants.
Le dispositif CEP, lancé il y a plus de deux décennies, repose sur un ensemble complet et unique de mesures d’accompagnement du lycée au diplôme, pour offrir à tout élève méritant de nos 209 lycées partenaires les mêmes chances de rejoindre Sciences Po et de se construire un parcours académique d’excellence.
VOUS AUSSI, EN 2026, VOUS POUVEZ SOUTENIR SCIENCES PO
Don, partenariat, taxe d’apprentissage… Votre soutien à votre Alma mater peut prendre de nombreuses formes. Cet engagement aura un impact très concret sur les conditions de vie de ses étudiants, son offre de formation et la production de sa recherche. Pour en savoir plus, rendez-vous dans la rubrique « Nous soutenir » de sciencespo.fr. Votre contact privilégié : Anne-Sophie Gracieux, Directrice de la Stratégie et du Développement : annesophie.gracieux@sciencespo.fr
Cet article a initialement été publié dans le numéro 35 du magazine Émile, paru en mars 2026.

