Dans ce numéro, la rédaction d’Émile explore la place du sport dans notre société. De l’agressivité au sens du collectif, du sport spectacle au sport bien-être, du marketing effréné à la démocratisation des installations, du machisme à la mixité, quelles valeurs et quelles faiblesses sont révélées par le sport ?

Cette grande réflexion débute par une enquête sur l’image et la valorisation du sport en France. Elle se poursuit notamment avec l'interview en miroir de deux sportifs de haut niveau, un footballeur et une skieuse, une rétrospective de la place des femmes dans les compétitions mondiales, ou encore une analyse de la géopolitique du sport. 


DOSSIER

Le sport en France, c’est « je t’aime, moi non plus » !

Longtemps dénigré et méprisé, le sport était victime d’obscurantisme dans le pays des Lumières. Un comble ! L’olympisme de Coubertin a pourtant projeté la France sur le devant de la scène sportive mondiale. Une mise en avant un temps embrassée, puis repoussée. Les mentalités ont évolué. Les bienfaits du sport sur la santé sont désormais communément admis. Ses sportifs ont permis à la France de briller sur la scène internationale, l’esprit chauvin tricolore a adoubé le sport et ses valeurs ont été reconnues. À trois ans des Jeux olympiques de Paris, il doit toutefois continuer à faire ses preuves tant en termes de politique éducative qu’en matière d’investissement pour être complètement intégré à la société française…


Sport féminin : le combat continue

L’histoire du sport a débuté il y a 3 000 ans. Pourtant, les femmes n’en sont réellement partie prenante que depuis moins d’un siècle. Ce faux départ se traduit, encore aujourd’hui, notamment par une sous-représentation numéraire, une sous-exposition médiatique et des disparités abyssales de rémunération entre hommes et femmes dans le sport professionnel. Parité, « prize money », visibilité… Émile dresse un état des lieux du sport au féminin avec l’éclairage d’une sociologue, d’un historien et de deux sportives professionnelles. 

Le sport à portée de clic, un tir non cadré

Même le Covid-19 n’a pu entacher la popularité du sport, qu’on aime à regarder encore plus qu’à pratiquer. Mais la diffusion sportive en France n’a rien d’un long fleuve tranquille, entre scandales retentissants et semi-échecs à moitié avoués. Plongée dans un monde où acteurs historiques français comme challengers américains se heurtent à des difficultés que la technologie seule ne saurait résoudre.


Interviews

La rédaction d’Émile a souhaité s’entretenir avec deux sportifs de haut niveau, un footballeur de 32 ans et une skieuse de 22 ans. Ils nous racontent leurs débuts, la construction de leur carrière, la difficulté de concilier études et entraînement, leur rapport avec le public et les médias ainsi que la façon dont ils envisagent leur avenir. 

Perrine Laffont : “Les études sont primordiales car le ski, ça ne fait pas vivre, nous ne sommes pas des footballeurs”

Perrine Laffont est tombée dans le sport dès son plus jeune âge, sur les pistes de la station des Monts d’Olmes. Son rêve olympique commence en 2014, aux J.O. de Sochi. À 17 ans, elle remporte la récompense suprême en devenant championne olympique de ski de bosses… Devenir une référence de son sport si jeune l’a conduite à consentir beaucoup de sacrifices…

Steven Nzonzi : “On me disait que je ne jouerais pas en Équipe de France, je voulais progresser pour atteindre ce niveau-là”

Passé par deux clubs du championnat anglais, puis par le FC Séville et l’AS Roma avant de signer, en septembre dernier, au Qatar avec le club d’Al-Rayyan entraîné par Laurent Blanc, Steven Nzonzi a intégré l’équipe de France en novembre 2017. Six mois plus tard, il gagnait la Coupe du monde, jouant notamment un rôle déterminant en finale, après avoir remplacé N’Golo Kanté à la 55e minute.

 

Football : le sport roi ?

Popularité du ballon rond, « culture foot » en France, différence de traitement entre les sports… Thibaud Leplat nous livre son analyse. Diplômé de Sciences Po (promo 03) et d’un master en philosophie, il est notamment l’auteur de Football à la française (Solar) et La Magie du football, pour une philosophie du beau jeu (Marabout).


Youssef Halaoua : "Je suis fier que Sciences Po se saisisse du sujet du sport"

Dans la perspective des Jeux olympiques et paralympiques de 2024, Sciences Po a lancé, en collaboration avec l’Agence nationale du sport, un grand cycle de conférences pour interroger la place de ce dernier dans notre société. En lien avec les équipes de l’école, Youssef Halaoua (promo 12), ancien membre du comité de candidature de Paris 2024, actuellement en poste à la direction générale de l’Agence nationale du sport, en a été l’une des chevilles ouvrières. Entretien. 


Géopolitique - Le jeu de la guerre douce : le sport, instrument de soft power

Wimbledon, Jeux olympiques, Coupe du monde, Ligue des champions ou encore Asian Games… Chaque année, des millions de spectateurs suivent avec exaltation les compétitions sportives internationales. La course aux médailles, aux coupes et aux trophées qui se donne à voir dans la sphère sportive devient ainsi, pour de nombreux acteurs internationaux, un véritable instrument de soft power.


D’UN MOT

Éducation sportive

Ses voyages en Angleterre et ses visites dans les écoles britanniques inspirèrent à Pierre de Coubertin une réforme du système éducatif français où le développement des activités physiques serait intégré. Conjointement à cet engagement pédagogique, le baron de Coubertin joua un rôle actif au sein du mouvement sportif français et fonda les Jeux olympiques modernes, à la fin du XIXe siècle.

Personnage complexe et controversé, il était ouvertement hostile à la participation des femmes aux compétitions sportives, défendait la supériorité de la race blanche et soutint l’organisation des JO par l’Allemagne hitlérienne en 1936. Dans une conférence donnée en 1889 à l’Association pour l’avancement des sciences, il présenta le système anglais d’éducation sportive et propose des pistes de réforme pour la France. Extraits

Pierre de Coubertin en 1915. (Domaine public)


FICTION

La lucarne enchantée

À quoi ressemble l’ascension express d’un jeune prodige du football ? Dans cette nouvelle inédite, Keivan Helmi (promo 13), communicant spécialiste de la gestion d’image de joueurs de football professionnels, nous conte l’histoire de Ladjy Wague, six ans et de l’or dans les pieds. 


Tous ces articles (et bien d’autres) sont à retrouver dans le numéro 23 d'Émile, sorti début novembre 2021.

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