Histoire - Sciences Po, un patrimoine au coeur de la ville

Histoire - Sciences Po, un patrimoine au coeur de la ville

L’enracinement de Sciences Po au cœur de Saint-Germain-des-Prés constitue un atout exceptionnel dans la compétition internationale que se livrent les grands établissements d’enseignement supérieur aujourd’hui. Mais Sciences Po n’a pas constitué son patrimoine immobilier en un jour. Celui-ci est le fruit d’acquisitions anciennes et de déménagements successifs.

 Cour du 27 rue Saint-Guillaume    Photo : D.R

Cour du 27 rue Saint-Guillaume 

Photo : D.R

Le 27, rue Saint-Guillaume est aujourd’hui l’adresse de référence de Sciences Po, mais l’histoire de l’École libre des Sciences Politiques n’a pourtant pas commencé là. C’est en effet à l’angle de la rue de l’Abbaye et de la place Saint-Germain-des-Prés que les premiers cours ont eu lieu, en 1872, dans des salles louées à l’heure. Il faudra attendre 1877 et l’intervention d’une généreuse donatrice pour que le fondateur de l’école, Émile Boutmy, puisse installer durablement ses élèves dans des locaux dignes de ses ambitions. Maria Brignole-Sale, duchesse de Galliera, veuve fortunée et philanthrope, lui fait un don d’un million de francs or, somme qui lui permet d’acquérir un hôtel particulier situé au fameux 27, rue Saint-Guillaume.

Le bâtiment a déjà deux siècles, il a été commandé en 1663 par Gabriel de Rochechouart, duc de Mortemart. Des constructions plus modernes sont venues au fil du temps modifier son aspect d’origine dont il ne reste aujourd’hui que l’escalier monumental à vide central qui mène à l’étage noble, le premier, où s’est installé depuis le directeur de Sciences Po. La cour d’honneur de l’hôtel particulier de l’époque a été recouverte et correspond aujourd’hui au « petit hall ». Dès la fin des années 1880, la nécessité de s’agrandir, au regard du nombre d’élèves qui augmente, devient patente. C’est à cette époque que l’école acquiert le « 25, rue Saint-Guillaume », l’hôtel d’Eaubonne. Vingt ans plus tard, au tout début du XXe siècle, les successeurs d’Émile Boutmy, Anatole Leroy-Beaulieu puis Eugène d’Eichtal, poursuivent l’extension de l’école et acquièrent le n°29, l’ancien hôtel du Lau d’Allemans, construit fin XVIIe, début XVIIIe. 

L’ère Henri Martin

Avec l’entre-deux-guerres vient le temps des grandes transformations. Au début des années 1930, l’architecte Henri Martin est mandaté pour construire une aile au bâtiment principal ouverte sur le jardin, qui abrite aujourd’hui les trois grands amphithéâtres de Sciences Po. La cour de l’hôtel du Lau d’Allemans est fermée par une voûte en pavés de verre. La « péniche » prend forme avec, en son centre, un banc de bois qui participe à la légende de l’école.

Après la guerre, une nouvelle série de travaux sera réalisée par le même architecte, Henri Martin. Le n°29 est transformé en immeuble de plusieurs étages qui devient l’aile des conférences. Les façades des trois bâtiments, longtemps basses et aveugles, sont uniformisées après la guerre, lors d’une nouvelle série de travaux réalisés par le même architecte, Henri Martin. C’est à cette époque que les trois lourdes portes sont installées, à l’entrée du n°27. Elles resteront, elles aussi, dans la mémoire des anciens élèves.

Avec le nouveau directeur de l’école, Jacques Chapsal, la Fondation décide également, en 1953, d’acquérir l’hôtel de la Bretesche, situé au n°30 de la rue Saint-Guillaume. Le bâtiment, situé en face du n°27, aura vocation à accueillir la bibliothèque de l’école, inaugurée au début des années soixante.

 Entrée de l'amphithéâtre Émile Boutmy, construit dans les années 1930   Photo : Archives Sciences Po  

Entrée de l'amphithéâtre Émile Boutmy, construit dans les années 1930

Photo : Archives Sciences Po 

Des espaces de convergence des savoirs

C’est encore sous l’impulsion de Jacques Chapsal que Sciences Po fait le choix de continuer son implantation au cœur de Saint-Germain-des-Prés, au moment où d’autres écoles quittent le centre de Paris pour la banlieue : « L’agrandissement du pré carré, oui. La colonisation de terrains lointains, non. », écrit Chapsal. En 1975, l’Année Préparatoire (l’AP) s’installe donc au 9, rue de la Chaise, dans des bâtiments loués à la mairie de Paris. Au même moment, l’École Nationale d’Administration (ÉNA) quitte un bâtiment dont la Fondation Nationale des Sciences Politiques était propriétaire depuis les années 1940 : il s’agit du 56, rue des Saints-Pères. Sciences Po reprend donc à cette époque possession de l’« autre côté du jardin » et y fait un certain nombre d’aménagements, parmi lesquels une cafétéria pour les étudiants. Depuis, l’ÉNA a déménagé à Strasbourg et Sciences Po a, en 2005, acquis ses anciens locaux situés au 13, rue de l’Université. Mais, le nombre d’étudiants continuant d’augmenter, Sciences Po se heurte de nouveau à l’étroitesse de ses locaux. C’est ainsi que dès les années 2000, plusieurs milliers de mètres carrés à proximité immédiate des implantations actuelles seront loués. Parmi les prises de bail, le magnifique bâtiment du 117, boulevard Saint-Germain, l’ancien hôtel du Cercle de la librairie, construit par Charles Garnier, où s’est installée l’école de journalisme de Sciences Po. Et, en 2009, le 26-28 rue des Saints-Pères, l’hôtel de Fleury, ancien siège de l’École Nationale des Ponts et Chaussées.

Avec son campus au cœur de Saint-Germain-des-Prés, Sciences Po renforce son ambition pédagogique en offrant un espace de convergence des savoirs où peut éclore, en toute indépendance, la curiosité intellectuelle. Une ambition confirmée par l’acquisition, en décembre 2016, de l’hôtel de l’Artillerie, situé place Saint-Thomas-d’Aquin, qui va permettre à Sciences Po de se réinventer et de conforter sa position de véritable campus urbain, au cœur de Paris. 



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