Le Marathon des sables : du sens et des valeurs au cœur du désert

Le Marathon des sables : du sens et des valeurs au cœur du désert

Du 5 au 15 avril dernier s’est tenue la 34ème édition du Marathon des sables (MDS). Cette course à pied est une véritable prouesse sportive : les quelque 800 participants, âgés de 16 à 83 ans et originaires de 50 pays, doivent parcourir 226 km en six étapes dans le désert du Sahara marocain. Un ancien de Sciences Po, Pascal Perzo (promo 88), a participé à l'aventure et revient, pour Émile, sur cette expérience hors-norme.

Le Marathon des sables, édition 2019. Crédit photo : Josuef Photo

Le Marathon des sables, édition 2019. Crédit photo : Josuef Photo

Une aventure née d’un défi

Organisée pour la première fois en 1986, l’épreuve s’inspire de la performance de son fondateur Patrick Bauer, réalisée deux ans plus tôt. Seul, à pied et en totale autonomie, il avait parcouru 350 km en 12 jours dans le désert du Sahara. Aujourd’hui directeur de la course, il s’efforce, avec la structure en charge de l’organisation Atlantide Organisation Internationale, d’en conserver l’esprit originel d’autonomie. Pour ce faire, les participants courent le marathon dans des conditions extrêmes : non seulement évoluent-ils sous des chaleurs frôlant parfois les 50°C, mais en plus doivent-ils porter l’intégralité de leur matériel, dont assez de repas pour être en autosuffisance alimentaire pendant toute la durée de la course. « La "gestion" est au cœur de la course pour les participants : gérer ses efforts, son alimentation, son eau, son sommeil mais aussi les imprévus, explique Pascal Perzo. Une véritable école de vie ! »

Pascal Perzo (à gauche) et Patrick Bauer (à droite), lors de la 34ème édition du MDS. Crédit photo : Pascal Perzo

Pascal Perzo (à gauche) et Patrick Bauer (à droite), lors de la 34ème édition du MDS. Crédit photo : Pascal Perzo

Une prouesse sportive qui n’est pas à prendre à la légère : le site web de l’organisation dédie toute une page à la nécessité de la préparation physique, ainsi qu’à l’importance d’avoir un équipement adapté aux conditions. Et bien que la prévention en amont soit essentielle, elle ne se substitue pas à un dispositif médical important pendant l’épreuve. Sur place, une équipe de 60 médecins se tient prête à assister les participants, forte de 6,5 km de bande élastique, 2 700 pansements d’ampoule, 19 000 compresses, 6 000 analgésiques, ou encore 150 litres de désinfectant.

Un challenge organisationnel

Ces chiffres ne sont qu’un petit aperçu de l’ampleur des moyens mobilisés pour organiser le MDS. Bien que le nombre de coureurs soit relativement limité par rapport à d’autres événements sportifs (environ 1200 participants sont attendus en 2020, le record de participation étant de 1300 concurrents en 2016), les conditions exceptionnelles dans lesquelles se déroule la course en font un défi organisationnel de taille.

Pris en charge au départ de Paris, les participants sont amenés en avion au Maroc, où des bus les transportent jusqu’au premier bivouac. La course commence le troisième jour, après une journée de vérifications administratives, techniques et médicales : les concurrents partent, seuls ou en équipe, pour sept jours de course ou de marche à travers le désert. Pour l’équipe d’encadrement, il s’agit alors de mettre en œuvre le ravitaillement en eau des sportifs (au total, 120 000 litres d’eau sont distribués pendant la course), mais aussi d’assurer, entre autres, leur sécurité, le chronométrage, le suivi, ou encore le respect des règles. Tout cela crée une caravane impressionnante dédiée à épauler les concurrents dans leur périple au cœur du Sahara : 3 hélicoptères, 300 voitures et camions, un car de régie, 2 dromadaires…

« C’est l’humain qui nous porte »

Malgré l’empreinte écologique que peut produire un tel dispositif, le MDS s’efforce de conserver une conscience environnementale forte. Il utilise l’énergie solaire pour subvenir à ses besoins en électricité, et s’emploie à diminuer le volume de déchets produits afin qu’ils ne soient pas jetés dans le Sahara. Ainsi, chaque bouteille distribuée est marquée du numéro du dossard du coureur : toute bouteille retrouvée abandonnée à même le sol entraîne une pénalité pour son propriétaire. Dans le même objectif, un camion dédié à l’incinération des déchets suit la progression de la course. Comme le souligne Pascal Perzo, « l'environnement et le respect des écosystèmes et des cultures sont, dès l'origine, une préoccupation pour le fondateur de la course Patrick Bauer ». Une personnalité qu’il avait eu l’occasion de rencontrer lors de la Green Invest Conference, qui s’était tenue en juillet 2018 dans le désert marocain. Patrick Bauer était alors invité par Pascal Perzo, notamment pour aborder les sujets de l’environnement et du patrimoine immatériel.

En parallèle de ces efforts, l’événement met en avant la primordialité de sa dimension humaine. « La solidarité et le partage nous inspirent tous », déclare Pascal Perzo. « L’épreuve sportive du Marathon des sables s’accompagne de projets pour lutter contre des maladies, aider des enfants en souffrance ou protéger la planète ». C’est pourquoi l’association Solidarité Marathon des sables a vu le jour en 2010 : elle s’emploie à améliorer les conditions de vie des populations à proximité du circuit. Chaque coureur peut aussi, seul ou en groupe, courir pour une association caritative afin de récolter des fonds. L’occasion de créer une équipe réunissant étudiants et anciens de la rue Saint-Guillaume à l’horizon de la 35ème édition ? En tout cas, Pascal Perzo le souhaite : « Avoir une équipe de Sciences Po qui mélange les âges, les profils et les cultures pour oser le monde de demain, ensemble ! »

Les personnes intéressées peuvent le joindre (pperzo@yahoo.fr) ou se rendre sur le site du Marathon des sables.

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