Quelle place pour les éditeurs indépendants au SNE ?

Quelle place pour les éditeurs indépendants au SNE ?

En complément de son enquête sur les éditeurs indépendants, la rédaction d’Émile s’est entretenue avec Hélène Conand, directrice de la communication du Syndicat national de l’édition (SNE).

Propos recueillis par Thibault Le Besne (promo 24)

Hélène Conand, directrice de la communication du Syndicat national de l’édition (SNE) (Crédits : SNE)

Comment les éditeurs indépendants sont-ils représentés au sein du Syndicat national de l’édition ?

Comme tous les éditeurs, ils décident d’y adhérer et d’y participer. Le critère de l’indépendance est un peu difficile à établir. On sait qu’à peu près la moitié des 720 éditeurs adhérents réalisent moins de 1,5 million d’euros de chiffre d’affaires, il est donc probable qu’ils soient indépendants. Certaines structures n’ont pas les moyens de cotiser 550 euros par an.

De quelle manière le SNE peut-il accompagner les maisons d’édition indépendantes ?

On leur propose de participer aux travaux du syndicat, qui est organisé en commissions et groupes de travail. Ils sont les bienvenus à partir du moment où ils y trouvent un intérêt et qu’ils peuvent y consacrer du temps, pour participer aux réunions des groupes et commissions pertinents pour eux. Le SNE travaille pour l’ensemble de ses adhérents, on offre les mêmes services à tout le monde. Nos services servent plutôt davantage les petites maisons dans la mesure où les grands groupes ont les moyens d’avoir des services dédiés au juridique, à la fiscalité, à l’environnement, etc. Alors qu’une petite maison avec un ou deux salariés ne va pas avoir le temps de décortiquer le règlement sur la déforestation de l’Union européenne qui va pourtant s’appliquer, à partir du 1er janvier 2026. On propose des webinaires aux adhérents pour leur livrer une information sur de nombreux cadres réglementaires, sociaux... Lors du prochain Festival du livre de Paris, une offre de tarif réduit va être reconduite pour les petites et jeunes maisons d’édition. Cela marque une volonté d’attirer les petites maisons et de montrer la diversité de l’offre éditoriale. C’est une chance pour le festival que les gens puissent découvrir tous les types de livres et des petites maisons.

Les décisions du SNE, dont le bureau comporte une majorité de représentants des plus gros groupes, peuvent-elles satisfaire à la fois les grands groupes et les maisons indépendantes, qui ont des réalités et des intérêts différents ?

Les décisions sont collégiales, donc on incite tout le monde à participer aux groupes et aux commissions. Tout ce qui est décidé par le bureau l’est dans l’intérêt des « petits » et des « grands ». Ils sont légitimes parce qu’ils ont aussi beaucoup de maisons d’édition. Les changements qui vont être appliqués profitent au secteur. Malgré tout, même s’il y a beaucoup de maisons d’édition en France, le gros du chiffre d’affaires est réalisé par les 10 premières maisons et groupes seulement. 

Cet article a initialement été publié dans le numéro 34 d’Émile, paru en novembre 2025.


Entre les lignes, un marketing féroce

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