3 questions pour repenser votre trajectoire professionnelle

3 questions pour repenser votre trajectoire professionnelle

En pleine réflexion sur votre carrière, il est important de vous poser les bonnes questions. Stéphanie Darmon-Rigail (promo 07), consultante en évolution professionnelle à la Mission de reconversion des officiers du ministère des Armées, vous livre quelques pistes. 

Par Stéphanie Darmon-Rigail (promo 07)

Vous avez peut-être connu cette impression de décalage, le sentiment que quelque chose cloche, sans savoir quoi ni par où commencer. Pas de drame. Pas de burn-out. Juste un malaise diffus. La bonne nouvelle ? Avant de refaire votre CV et de postuler à tout-va, il existe une démarche plus simple et efficace pour entamer une réflexion : se poser les bonnes questions. Pas celles qui enferment. Celles qui ouvrent. Voici les trois premières.

1. Qu’est-ce qui me procure de l’énergie ?

Stéphanie Darmon-Rigail, consultante en évolution professionnelle (Crédits: D.R.)

L’énergie est un excellent indicateur. Elle circule dans les deux sens : ce que vous donnez dans certaines tâches et ce que ces tâches vous restituent. Il s’agit souvent de situations où vous vous sentez compétent(e), utile et à votre place, des moments clés : une présentation où vous vous êtes dépassé(e), une réunion où vous avez débloqué une situation, une mission pleine de sens.

La vraie piste ? Cette « bonne » fatigue de fin de journée qui ressource, au lieu d’épuiser. Repérer ces moments, c’est mettre le doigt sur ce qui vous stimule – et poser les premières pierres d’un nouveau projet professionnel.

2. Qu’est-ce que je ne veux plus faire ?

Cette question est parfois plus simple que la première. Les tâches absurdes, les réunions interminables, les boucles de mails inutiles, l’absence d’impact concret de nos actions… Vous savez ce qui vous pèse. Ce que vous rejetez éclaire en creux ce vers quoi vous voulez aller. On confond souvent ce qu’on sait faire et ce qu’on aime faire. Or, ce n’est pas parce qu’on maîtrise une compétence qu’on doit continuer de l’utiliser. Identifier les activités qui vous vident sans rien vous apporter permet de tracer une première frontière. C’est une étape essentielle : dire « non » à certaines choses, c’est se donner la possibilité de dire « oui » à d’autres.

3. Qu’est-ce que les autres reconnaissent chez moi ?

À force de les pratiquer, certaines de nos compétences deviennent invisibles… pour nous-mêmes. C’est ce que l’on appelle les compétences inconscientes. Vous les activez sans y penser. Pourtant, si plusieurs collègues vous disent que vous êtes la personne « qui calme les tempêtes », « fixe un cap clair et partagé » ou « relie les gens entre eux », ce n’est pas un hasard. Ce sont vos forces. Ce regard extérieur est souvent plus juste que notre autoperception. Savoir ce que les autres voient en vous, c’est mieux comprendre ce que vous apportez – et sur quoi vous appuyer.

Ces trois questions, je les pose souvent aux officiers que j’accompagne dans leur reconversion vers le secteur civil. Leurs parcours sont solides, très balisés, parfois impressionnants. Pourtant, ils explorent des pistes audacieuses, avec une lucidité construite. Par volonté de se réaligner avec leurs valeurs, dans un cadre professionnel nouveau.

L’un d’eux, ancien colonel de l’armée de terre, est devenu directeur d’Ehpad. Une transition qui peut sembler étonnante, mais qui prolonge en réalité le fil rouge de son engagement : œuvrer pour le collectif. Un autre officier a troqué son uniforme pour des bottes d’ostréiculteur. Une reconversion atypique, mais cohérente. Il y conjugue son goût pour le travail manuel, son attrait pour la nature et l’apprentissage d’un métier passion, au plus près des éléments.

Le guide pratique de reconversion professionnelle de Stéphanie Darmon-Rigail

Il ne s’agit pas forcément de tout quitter. Plutôt de se repositionner. On fantasme souvent la reconversion comme un saut spectaculaire. En réalité, c’est souvent une série de petits pas. Des ajustements, parfois invisibles de l’extérieur, mais décisifs en profondeur. Alors, avant de « tout plaquer pour aller élever des chèvres dans le Larzac », commencez par ces trois questions. Elles ne transformeront sans doute pas votre vie. Mais elles pourraient bien changer votre regard. Et ouvrir la voie à de nouveaux horizons, plus alignés avec ce que vous êtes aujourd’hui. 

Changer de cap professionnel. Guide pratique pour une nouvelle carrière, Stéphanie Darmon-Rigail, Studyrama, 224 p., 15 €

Cet article a initialement été publié dans le numéro 34 d’Émile, paru en novembre 2025.


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